Hommage à Gérard Claudel, ancien Président de l'Union des Maires

Personnage incontournable de la vie publique locale puis Val d’Oisienne, pendant près de 50 ans, il aura marqué son terroir et ses habitants.

Un engagement aux jeunesses ouvrières chrétiennes, qui lui a permis de rencontrer sa future épouse, Neige. Une vie familiale et professionnelle épanouie tournée vers l’agriculture, avec ses hauts et ses bas, mais comme tout le monde. Aujourd’hui il peut avoir la fierté de la réussite et de la relève… y compris « politique » avec son petit fils Benjamin qu’il a eu la joie de voir devenir le quatrième Président du PNR…

On peut retenir de cet homme charismatique, un engagement passionné. On n’oubliera pas non plus son éloquence, et la voix grave qu’il savait déployer en fonction des circonstances, mais qui cachait un cœur énorme et un bon sens légendaire, sans doute dû à des racines paysannes dont il était si fier. Son Vexin, lui tenait aussi à cœur, et lorsqu’il a été question que l’agglomération nouvelle de Cergy s’étende jusqu’à Sagy voir Vigny, il a pris son bâton de pèlerin. Pas question ! Infatigable, il a arpenté ce territoire Vexinois, avec deux compagnons, qu’il vient de rejoindre, Yves de Kerveguen et Jacques Dupaquier. Ensemble ils ont, discuté, écouté, convaincu pour créer le « Parc Naturel Régional du Vexin Français » qu’il a présidé de 1995 à 2011. « Développer en protégeant et protéger en développant sans que l’un ne se fasse au détriment de l’autre… ». Telle était sa devise emprunte de lucidité mais aussi d’une façon visionnaire de voir les choses, qui manque sans doute de nos jours. Maire d’Ennery de 1960 à 2008, puis conseiller général de 1976 à 2011, Sénateur en 2004, il a présidé l’Union des maires de 1989 à 2005. Quel maire du Val d’Oise, quel élu du Vexin, ne connaissait pas Gérard Claudel ?

J’ai eu la chance de croiser son chemin, il m’a recruté en 2002, quelques mois après avoir recruté ma fidèle adjointe Karine Le Gouhir. Il nous a toujours fait confiance, et nous avons toujours travaillé pour lui en totale confiance et loyauté. Quel plaisir ! Lorsque nous préparions nos assemblées générales, parfois sur des thématiques pointues, il me disait. « Vous insisterez auprès de l’intervenant, pas de long discours, pas de bavardages, mais du bon sens ! ». A une question que je lui avais posée dans son bureau à la Mairie, sur la durée exceptionnelle de son mandat de maire d’Ennery, il m’avait répondu comme il le faisait souvent : « c’est très simple, pour être maire, il faut aimer les gens ». Je peux dire qu’il aimait les gens, et la réciproque était vraie. Même lorsqu’il n’a plus assuré la présidence de l’Union des Maires, pas une fois, où il passait à Pontoise quand il conduisait encore, sans qu’il ne s’arrête nous dire bonjour, malgré ses difficultés à monter les escaliers. « Bonjour Président » ! « Bonjour Directeur » ! Un grand bol de café plus tard il repartait non sans avoir plaisanté et mangé quelques chocolats dont il était friand. Nous sommes ensuite allés le voir à Ennery régulièrement et nous évoquions des souvenirs de sa longue carrière, et lui racontions les dernières nouvelles. En voyant sa photo dans son salon, habillé en Evêque je ne résistais pas au plaisir de lui demander de nous raconter son retour de la Gare du Nord, habillé précisément en Evêque dans le train (c’était encore possible à cette époque !), avec ses collègues du Conseil général, qui comme lui portaient des costumes et des robes du temps, pour venir à Auvers-sur-Oise inaugurer, je crois, le Château d’Auvers. Il s’y prêtait de bonne grâce avec l’art qu’il avait de raconter les histoires et de mettre en scène les personnages, ensuite il nous faisait promettre de revenir le voir. Nous n’avons malheureusement pas pu l’an passé, mais nous l’avions au téléphone quand c’était encore possible.

Il vient de nous quitter à 96 ans. Même si avec les Présidents Paternotte et Fargeot, nous sommes allés nous recueillir devant son cercueil ce jeudi matin, nous n’avons pas pu lui rendre l’hommage que nous souhaitions lui rendre et qu’il méritait lors de ses obsèques. Nous avons cependant fait en sorte que la cérémonie religieuse puisse être retransmise en directe sur les réseaux sociaux grâce à la solidarité des élus et des agents de notre beau département. Tradition et modernité, c’était aussi ce qui caractérisait ce grand homme. Je sais que cette diffusion a été appréciée de nombre d’entre vous qui me l’on fait savoir. C’était le moins que l’on puisse faire. Un hommage officiel lui sera rendu lors d’une cérémonie publique, dès que ce sera possible. Nous réfléchissons déjà à sa forme.

Le menhir du Vexin comme on entendait parfois parler de lui, nous manque déjà, mais son image et sa voix resteront gravées dans la mémoire de ceux qui l’ont apprécié.

Gérard Claudel faisait partie de ces personnes qui vous rendent heureux de vivre lorsque vous les côtoyez.

Au revoir Président et merci pour tout !